Nos lavoirs




Avant l'arrivée des machines à laver et lave-linge, la tâche de la lessive incombait à la ménagère. Ce travail se faisait essentiellement à la main et demandait de gros efforts en particulier en hiver.

Dans quelques familles surchargées de travail, une laveuse venait une fois par semaine pour laver le linge. Le linge sale était trié, la couleur, le blanc.
Le matin, le linge était mis à bouillir dans une lessiveuse, récipient en tôle galvanisé, sur la cuisinière ou sur un petit poêle rond fabriqué pour cet usage.
Bien souvent l'après-midi, les laveuses se rendaient au lavoir pour "rincer". Brouette, carrosse en bois, battoir, brosse à chiendent, savon, boule de bleu et le linge mouillé, tel était l'équipement nécessaire et combien lourd!

Les hameaux et les villages tels que Armenonville, Les Gâtineaux, Bailleau, Baillolet et Pont avaient leurs lavoirs sur la rivière, mais aux Bordes ou à Harleville, on devait se contenter de rincer son linge à la mare.

Attention dans chaque lavoir, chaque laveuse avait sa place et son jour!
Pas de dérogation.
Des maîtresses laveuses faisaient respecter les conventions. C'était là, mis à part les étables, que circulaient les nouvelles du village, y compris les petits secrets, même ceux d'alcôve! Il arrivait de temps en temps des crêpages de chignons ou baignades habillées!

En amont de la rivière, des garnements remuaient la vase, ce qui provoquait éclats de rire et colères. Les gardes champêtres évitaient ces endroits, ils auraient perdu " force est à la loi "; ils se contentaient de tendre les oreilles et de rire dans leur moustache!

A l'origine les lavoirs étaient constitués de morceaux de bois plantés en biais sur le bord de l'eau sur lesquels on clouait une planche. Quelquefois une grosse pierre plate faisait office de lavoir. Rien pour se protéger des intempéries, sauf parfois un arbre.
Le plus ancien des lavoirs couverts est sans doute celui de Pont. Il est construit près d'une source, l'eau y est très claire et sa température y reste constante, ce qui est un avantage appréciable en hiver.

Dans la deuxième partie du XIXème siècle, les municipalités entreprirent la construction de lavoirs communaux maçonnés et couverts. Leur construction était subventionnée par le Conseil Général du département d'Eure et Loir.

Les principaux lavoirs construits sur notre commune sont:


  • à Armenonville entre l'école et la rivière
  • à Baillolet au lieu dit " Les Prés de Mon Plaisir "en 1872
  • à Baillolet au lieu dit " Les Prés Gros "
  • à Bailleau au lieu dit " La Châtre " en 1878
  • à Bailleau au lieu dit " Les Grosses Graies " sur le chemin de Bailleau à Baglainval
  • à Pont rue de l'Ancien Pavé en 1887
  • à Pont rue Jean Delorme: c'est le seul qui est situé sur une source
  • aux Gâtineaux dans la rue principale: l'accès se faisant par une petite sente descendant vers la Voise

Des propriétaires de bord de rivière ont aussi construit leurs lavoirs privés. Parmi eux Mr Poirette, ancien Maire de Bailleau, avait fait construire un lavoir maçonné et couvert à Baillolet au lieu dit "Les Prés Marie". Il autorise ses voisins à le fréquenter.
A Pont, des gens plus modestes utilisent des découverts près du pont de l'Avenue de la Gare. Il est vraisemblable que ce genre de construction ait disparu sans laisser de traces.

Quant aux habitants des lieux plus élévés entre les vallées de la Voise et de la Jouvence, seules les mares avaient l'eau nécessaire pour les besoins des laveuses.